lundi 20 janvier 2014

Dans l'ombre...

 La blogosphère me manque de plus en plus. Je me surprends même à être un peu triste. Je repense à ce passé où je recevais des visites à quatre ou cinq chiffres par mois, des commentaires par centaines, cette impatience que j'avais de rentrer le soir pour tous les lire avec attention. Cet univers magique que je savais cultiver et cette façon qu'on avait de me rendre les étoiles que je savais apporter. Qu'est-ce que c'était agréable de se sentir douée et utile pour quelque-chose voire importante. Ce serait mentir et surtout de la fausse modestie de prétendre que je n'étais pas fière d'être si "connue" même si j'avais tous les inconvénients qui allaient avec (les immondes rumeurs, les mauvaises rencontres, les menaces de mort, les messages anonymes, le fait de ne pas passer inaperçue dans les concerts ou soirées alors que j'étais une grande timide et même dans certaines villes, le fait de savoir qu'un inconnu vous "connait" est tout de même assez désagréable) ce serait mentir de nier que j'adorais être tant admirée par des jeunes filles qui semblaient croire que j'étais inaccessible, toutes ces personnes qui étaient à l'affût de mes écrits. Je prenais du plaisir à écrire, plus que j'en prends aujourd'hui puisque je n'écrivais pas dans le vide. Je repense également à toutes ces rencontres extraordinaires, les correspondances que j'entretenais, toutes ces lettres et ces cartes remplies de gentillesse et les escapades à Paris où je ne découvrais certes pas un milieu fréquentable mais riche en souvenirs. Je vivais pleinement mes désirs, je partais en quête d'un monde qui m'attirait et qui m'a énormément déçue mais qui m'a enrichie. 

Je ne dis pas que je préférais cette époque, loin de là, je suis soulagée de la tranquillité que je mène désormais mais les liens que j'entretenais avec les autres et tous ces partages était une richesse incroyable. Cela peut paraître étrange mais ce monde virtuel était comme un refuge, là où je pouvais me détacher de toute noirceur du quotidien. Ce que les démons me jetait en pleine figure dans la réalité, les Anges me les faisaient mieux oublier. Il n'y a pas longtemps, une demoiselle m'a dit que j'avais démissionné d'Internet. J'ai trouvé le mort fort mais bel et bien véridique. J'ai fais la chasse à toute trace s'associant à mon pseudonyme, supprimer le plus possible de liens, j'ai pris la décision de m'effacer comme si je n'avais jamais existé, comme si je n'avais tisser aucune toile sur le réseau, comme si je n'étais qu'un souvenir... Je ne dirais pas que je le regrette car je me suis sentie soulagée en le faisant mais je regrette sans doute à cause de la nostalgie, d'avoir si facilement brisée en tant de morceaux ce qui autrefois était un Refuge, un Échappatoire. C'est comme si je reniais ce qui autrefois m'avait fait tant de bien. Pourquoi suis-je en train d'écrire cet aveu ? Pour la simple raison que j'espère bêtement ne pas être oubliée par toutes ces petites âmes qui ont su me marquer, qui ont su m'aider, m'accompagner dans cette période où chacun avait besoin d'attention. Parce-que je suis un peu triste de constater qu'il ne reste plus rien de tout cela, que j'ai plein de projets et qu'ils ont énormément de mal à se réaliser alors qu'en ce temps là, je pouvais si facilement en faire quelque-chose, cela ressemble à un caprice, peut-être que c'est le cas...