vendredi 10 février 2017

We Can Be Heroes, un projet idéaliste, un Enfer à vivre, mais pas Impossible.

Je crois, ou du moins, j'ai envie de croire... Qu'elles ne s'en rendent pas compte. Toutes ces personnes qui se permettent de balancer leur aigreur dans ma figure. Tout comme les mauvaises langues qui se délient derrière mon dos. Parce qu'après avoir participé à mon projet "We Can Be Heroes", presque un an plus tard, il n'y a toujours rien de réalisé sous leurs yeux. Pas même un petit quelque-chose en attendant le projet principal. Non, je crois qu'elles ne se rendent pas compte, à quel point il est très difficile psychologiquement  de mener à bien un projet humanitaire... A quel point la pression est énorme par leurs fautes notamment. Et que par leurs relances accusatrices, elles ne font que grignoter un peu plus le peu de force qui me reste. Combien de fois, vais-je devoir me justifier en pleurs ? J'ai tellement envie de jeter des phrases assassines à ces gens là et leur  dire "Les voilà tes sous, ne t'inquiète pas, ils étaient biens au chaud pour les SDF, pas pour ma pomme!"Si ma conseillère venait à tomber sur cette pensée, elle me sermonnerait en disant que je ne dois pas véhiculer une image négative. Que je dois être reconnaissante. Je le suis. Mais pas envers ces individus qui beuglent sans respect. Je n'en peux plus de prendre sur moi et de me sentir empoisonnée par cet argent qu'on m'a donné pour réaliser un truc déjà assez usant comme ça.

J'ai sous estimé mon hypersensibilité et ma naïveté. Je suis bien d'accord sur ce point. Mais au moins, lorsque je crois en quelque chose, rien ne m'arrête. Je franchis, alors, des montagnes, et lorsque mes soutiens semblent avoir espoir eux aussi, le pouvoir de ma volonté n'en est que décuplé. Pas pour rien que je suis parvenue à mobiliser tant de personnes ! Seulement, je n'avais pas prévu une traversée d'émotions et de sentiments aussi variés et contradictoires. Tout cela de manière exponentielle. Si j'ai tout de même plus d'une moitié de donateurs qui me soutiennent, qui continuent d'y croire et qui sont prêts à m'épauler... Le sentiment de bonne à rien l'emporte... Je ne me sens pas efficace. La vie, les circonstances, les difficultés, tout cela, je l'ai ignoré lors de la création de ce projet. Je suis une véritable idéaliste. Et cette phrase ne définit pas un échec ou un aveu qui reviendrait à dire que je suis paumée. Cela signifie tout simplement que "tout ceux qui errent ne sont pas perdus"! 

Alors oui, je erre, je erre longuement... Le temps passe. Mais cela ne veut pas dire que j'ai rendu les armes. Je partage mes coups de mou, mes désespoirs. Parce-que, non, ce n'est pas évident d'avoir l'âme sereine quand on a discuté avec plusieurs hommes littéralement détruits par la rue et la société. Que ces personnes, pour la plupart, ne veulent même pas de vos dons. Ni trouver de travail. Non, ce n'est pas facile de leur expliquer que d'un point de vue extérieur, on ne les comprends peut-être pas autant qu'il le faudrait car nous ne sommes pas à leur place, mais qu'ils peuvent s'en sortir. Tant leurs arguments sont en bétons, mais en plus profondément bouleversants...

Pouvez-vous comprendre qu'à cause de tout cela, je ne suis plus la même qu'au départ de ce projet ? Pouvez-vous comprendre, que non, même en préservant leur anonymat, je n'arrive pas à créer ? Parce que je suis tellement chamboulée que j'en viens à trouver malsain mon idée de livre en collaboration avec eux. Parce que c'est beaucoup plus sombre que ce à quoi je m'attendais. Je n'arrive pas à filmer sans avoir envie de pleurer à chaque réponse de leur part... 
Alors, s'il vous plait, arrêtez de me juger. Arrêtez de dire que je chouine trop, que je me suis lancée dans un truc comme une gamine inconsciente, et que maintenant je vous dégueule au visage que le monde est vilain, alors y'a rien qui se bouge. Même si d'apparence, ouais ça à tout l'air de ça. Mais non ça va au delà de ça. 

Pour les autres, ceux qui continuent d'y croire, après presque un an, qui continuent de me soutenir. Et qui ne sont pas là à me demander sans cesse où ça en est parce que ça commence à faire long... MERCI DU FOND DU COEUR.  Tout vient à point qui sait attendre. Et si jamais je craque, et si jamais, malgré l'accompagnement d'une petite équipe lors de mes rencontres furtives ou non, avec les SDF, j'en viens à ne pas tenir. A ne pas y arriver. Et bien soit je donnerai les fonds avec votre accord à la Croix Rouge... Soit je vous rembourserai... Soit... Je trouverai une solution. Mais je n'irai certainement pas me payer des vacances en Norvège. Alors stop la pression, ça me fait juste hyper mal et vous flinguez complétement quelque chose qui pourrait être merveilleux. Parce que vous détruisez tout. Sans vous rendre compte peut-être. Je ne dis pas qu'il n'est pas naturel de vous poser des questions sur l'avancée du projet. Si on participe à une campagne, c'est qu'on y croit. Si on ne voit pas de news, forcément on s'inquiète un peu. Je souhaite simplement...  que vous arrêtiez de me rendre pessimiste, de me presser. Si vous relisez le projet en entier, vous pourrez constater que presque un an sans "rien" de présenté, n'a rien d’affolant... 

Laissez-moi trouver ce temps qui manque. Laissez moi trouver des solutions pour me déplacer. Laissez moi le temps de sympathiser avec eux qui m'en veulent d'avoir réveiller leurs anciennes vies. Laissez-moi vous dire que je suis profondément bouleversée par cette aventure. Que je maudis profondément mon tempérament miroir (tantôt énergique, tantôt découragée), mais que je vais reprendre du poil de la bête... Soyez compréhensifs, et vous verrez ce que je peux être, ce que je peux faire, grâce à vous... Ne croyez pas que ça me plaît d'avoir l'impression de vous vendre du rêve avec mes mots, là comme ça. A toujours vous dire "vous allez voir, je vais faire ci, je vais faire ça.

Et puis rien au bout du compte... Je sais très bien que c'est contrariant. Que vous avez hâte de voir naître le fruit de votre participation. Mais à l'heure actuelle, je ne peux rien faire de plus que de vous dire d'attendre encore. Et de ne pas oublier le temps que ça demande. Presque un an, c'est quoi au juste ? Ce n'est pas une année entière de libre. Oh comme j'aimerai ! ... C'est une année où je n'ai pu conduire que dix fois à tout casser, en supervisée, où je suis tombée de nombreuses fois malade, où j'ai beaucoup travaillé avec des week-end pris. Et lorsque j'étais entièrement disponible pour aller à leur rencontre et à créer quelque chose, c'était le moyen de locomotion ou l'équipe qui n'était pas dispo... Réfléchissez y par pitié. Il est difficile de ne pas être à fleur de peau et de rester zen dans ces conditions... Je finirai sur une note positive, malgré tout. We Can Be Heroes n'est pas un titre niais qui en dit long sur mon côté idéaliste. NOUS POUVONS VRAIMENT être des héros, quand bien même, on me met face à la réalité. Accepter les difficultés, c'est se résigner. Il faut aller au delà de ça et trouver des solutions. Sur-ce. PEACE. ♥

jeudi 9 février 2017

♣ WE CAN BE HEROES, les phrases CHOC ♣

"C'est bien ton truc ma petite, mais j'ai pas envie qu'on me voit moi."

- Pourquoi ? C'est important. Le but est de faire réagir, de...

"Parce que tu crois que ça va changer quelque chose ? Je serais toujours à la rue demain." 

- Non, justement, le but est que ça change, le projet c'est pour tenter de sortir de la rue les SDF."

(Rire jaune) - Oh... Béh dit donc. Si c'était aussi facile C'est tout à ton honneur ton truc ululejsaispasquoilà, c'est pas ça hein, c'est très bien, c'est très bien. Mais les assistances sociales, la croix rouge, et tout ce qui va avec hein, ça fait des années tout ça, bah je suis là, je suis là... T'es jeune, t'es trop jeune, et l'argent ça file vite. C'est pas avec 2800 € que tu vas réussir à me trouver un travail et un toit. Je te le dis, je te préviens. Tu veux aider plusieurs SDF en plus, ah mais non non non... 

- Vous me faites de la peine. Je me sens impuissante. J'ai peut être été naïve c'est vrai, mais tous ces gens qui vous aident. Un donateur a apporté 800 €, il y a beaucoup de volonté derrière tout ça. Je suis certaine que si vous acceptez, vous et les autres SDF de vous faire filmer, de témoigner, de... Enfin vous savez, je vous ai tout expliqué. Et bien ça pourrait peut-être vous apporter des logements. On ne sait jamais, avec Internet ça va vite... 


- Pour que ça finisse brûlé. Moi j'ai pas d'espoir. Tu peux nous aider, mais là ton truc, tu peux pas faire tout ce que t'as dit. Puis j'en connais pas beaucoup qui vont accepté tes trucs là, la plupart ils veulent même plus bosser. Ils sont cassés. Cassés par la rue....

A toi qui me lis, si tu es de Caen, peux-tu m'aider à trouver quelques SDF qui seraient d'accord pour être filmé, pour témoigner ? Je ne peux pas me déplacer souvent vu que je suis en conduite supervisée. Cet échange m'a bouleversé et je dois l'avouer, m'a beaucoup démotivé. Je comprends bien que la rue peut enlever toute envie, toute volonté. Mais la plupart des SDF veulent de We Can Be Heroes, une aide telle celle de la Croix Rouge (nourriture, vêtements) mais pas de films, pas de photos, pas de désir de se ré-intégrer dans la société, pas envie de trouver un travail... Que puis-je faire ? Dois-je rembourser mes donateurs ? J'ai vraiment besoin de votre aide !

Je ne dois pas baisser les bras, je le sais. J'ai plus de force qu'eux. Même si un homme cassé par la rue m'apprend le monde. Me révèle qu'il est encore plus sombre que je l'imaginai. Et que mes armes ne sont pas les meilleures. Je ne dois pas baisser les bras. Une centaine de donateurs ont cru, avec moi. Une centaine d'espoirs. Il faut que je continue de parcourir du chemin. Les rencontrer, leur parler, les connaitre peut-être ? Avoir leur confiance ? 







jeudi 2 février 2017

Qu'est-ce qui vous attend sur ma chaîne YouTube?

Après avoir parlé de ''l'évolution de la communauté virtuelle'' et de ma décision longuement réfléchie à rejoindre YouTube dans mon article précédent. Je pense qu'il est maintenant temps de vous expliquer un petit peu ce que je compte faire et ce que vous allez découvrir sur ma chaîne.

 D'ailleurs, je tiens à préciser que je continuerai d'écrire sur ce blog. Écrire est bien trop important pour moi. Étant donné que je souhaite éviter le plus possible les longs blablas inutiles ou pas forcément inutiles, mais trop longuets à travers mes vidéos. Je serais souvent amenée à rediriger mes sujets ici pour approfondir.

 Par exemple, je compte créer une vidéo qui traite de la PHOBIE SCOLAIRE Mon but est qu'elle ne soit pas trop longue, mais complète malgré tout. J'ai déjà écrit un très long témoignage ici, alors je tâcherai de résumer.

Ainsi pour ceux qui voudront en savoir plus, je les inviterai à consulter mon article est à témoigner s'ils le souhaitent. Commenter sur ce blog me parait plus intime que sur YouTube. Ce qui pourrait encourager l'abonné à se sentir un peu plus à l'abri des regards.

 Vous l'avez compris, je souhaite jongler entre YouTube et ce blog. Ce n'est pas pour autant qu'il n'y aura aucunes vidéos exclusives, il n'y aura pas forcément un article en complément à chaque fois.


Je compte également parler des ANTIDÉPRESSEURS. (Comment les arrêter, pourquoi il est préférable de ne jamais en prendre, le phénomène ''je suis médecin généraliste, pas psy, mais je te prescris une dose de cheval sans me rendre compte de la dangerosité.'' Et bah oui hein, je compte bien dénoncer les travers. ^^ Les effets secondaires histoire de rassurer ceux qui en souffrent beaucoup, pourquoi ce traitement est comparé à l'héroïne, et plein d'autres trucs, ce qui fait que cette vidéo sera sans doute en deux parties) 


De la PHOTOGRAPHIE Notamment des vidéos préventives pour les modèles, des caméras cachés si un jour c'est possible, témoigner de mes mauvaises expériences,  prouver qu'un photographe réputé peut être aussi creepy et faire des attouchements. Mais également parler de mes grands désarrois en tant que photographe.) Autrement dit, il y a sacrément matière à traiter sur le sujet. Bien entendu, il y aura aussi du positif. Des vidéos "coulisses" pour rassurer ma clientèle notamment. Comment je travaille. Des petits conseils pour poser ou se lancer. Etc...


DE LA PROCRASTINATION. (et là, j'avoue que ce sera plus un appel à l'aide, et donc un témoignage de ma part car je n'arrive pas à sortir de ce cercle infernal qui m'apporte beaucoup d'embêtements dans la vie)


DE LITTÉRATURE (ce que je vous recommande absolument de lire avec des arguments en béton ;) hihi , des chroniques et tout ça par thématique. Par exemple "Les 5 livres à lire pour ceux qui n'aiment pas lire""Les livres à lire absolument tous genres confondus") 


DE CINÉMA ("Les meilleurs films en noir et blanc pour ceux qui n'aiment pourtant pas les vieux films", des chroniques sur des petites pépites, bref un peu de tout et surtout une tentative de faire aimer des choses que des personnes n'auraient jamais penser pouvoir aimer) 


• DE JEUX-VIDÉOS  , des chroniques, des gameplay, un peu d'humour... ;)

• DE PARANORMAL, de mes expériences par rapport à ça. J'espère vraiment retrouver mes enregistrements, mais dans le cas contraire, je ne suis pas sûre de le faire car ça va m'énerver si on me dit que c'est du fake. Par la même occasion, je parlerai de ma THANATHOPHOBIE. Quelque-chose dont on parle peu mais qui ruine pourtant la vie de beaucoup de personnes.

 Des INTERVIEWS (notamment avec des SDF dans le cadre de mon association We can be heroes , mais aussi des expériences sociales, pas de free hug, plûtot des interactions avec des inconnus sur des sujets précis tel que peut le faire Hector)

Et avec tout ça, pas de tutos beauté? Et bah non. Tout simplement parce qu'il y'en a bien assez sur YouTube, pour ne pas dire de trop. Je n'ai pas envie de me montrer sans maquillage, de plus, j'estime ne pas faire quelque chose de différent des autres filles. Alors à quoi bon reproduire un tuto? En revanche, je mettrais les marques de mes make up utilisés dans la slide barre avec des liens de tuto de jolies nanas qui vous montreront mieux que moi comment bien les utiliser. :)

Alors mes petits dinosaurus, me suivrez-vous? Booktubeuse, gametubeuse, cinétubeuse, lifetubeuse, journatubeuse et un peu de toutubeuse que je m'apprête à être?

Je vous rassure, la qualité audio et visuelle sera au top. (4k !) puis j'ai mes parapluies de photographe pour une lumière irréprochable. Après le plus dur sera d'être convaincante, d'avoir un rythme dynamique et de vous donner envie de poursuivre plutôt que l'inverse! J'espère que vous serez indulgent pour mes débuts!

Si jamais, vous avez des sujets que vous aimeriez que j'aborde, hésitez pas à m'en faire part! Si vous voulez le nom de ma chaîne pour commencer à vous abonner, pareil, hésitez pas. Enfin, c'est mon pseudo, alors pas bien compliqué à trouver... ^^



lundi 30 janvier 2017

"Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis."

Illustration : "Sandra Von Keller & Betty" par Marie Grymonpré.  Pour illustrer une partie de la bannière de ma future chaîne Youtube.  Et oui, après maintes hésitations, c'est décidé. Je vais me lancer !


"Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis."

Cela résume parfaitement la remise en question que je traverse depuis quelques temps. Comme vous le savez (ou pas), je suis une véritable puriste des blogs d'Autrefois. Celui où vous entriez dans un véritable univers. Où vous aviez l'impression de vous immiscer dans le journal intime d'un(e) inconnu(e). Et pas ce journal nian-nian qui racontait des futilités, non. Un journal qui rappelait les pensées de grands écrivains. Tel celles de Fernando Pessoa dans ses carnets intimes "Le Livre de l'Intranquilité" ou les journaux de Virginia Woolf. Aujourd'hui, ces ex blogueuses extrêmement talentueuses qui rappelaient donc ces artistes, sont devenues profs de français, journalistes, archéologues, libraires... 

Elles ne s'expriment plus comme elles le faisaient auparavant. C'est à dire sur les blogs, dans de longs paragraphes. Mais en revanche, retranscrivent leur savoir par le biais de Youtube ce qui n'est pas inintéressant. Forcément, quand la vague, que dis-je, le tsunami YouTube est arrivé pour raser petit à petit sur son passage cette communauté, j'ai forcément boudé ce réseau. Enfin, je crois me tromper en disant cela. Facebook est plutôt le grand responsable. Dés qu'il est apparu, il y a eu en quelque sorte une migration. Moi, la première. J'écrivais moins. Fascinée par un nouveau support. J'en ai surtout voulu à ces petites âmes qui ne voulaient plus s'exprimer, parce que plus personne ne le faisait. 

J'ai assisté aux profonds rejets qu'elles ressentaient envers leurs propres  blogs. Elles ont toutes prétendues aspirer à autre chose. A la vie réelle. Or, je sais très bien, que la raison pour laquelle elles ont désertées avant tout, c'est à cause de la disparition progressive, pour ne pas dire l'appauvrissement considérable des blogs. Et forcément des commentaires. Engluée par les blogs lifestyle/beauté, elles ont eu cette sensation d'être pointé du doigt comme des ados qui n'évoluent pas et qui veulent à tout prix rester dans la sphère "skyblog" si elles continuaient d'écrire de longs textes sur leurs vilains tourments. C'est exactement ce que j'ai ressenti pour mon blog. Une impression d'intrusion.

Il y a une sorte de "pression sociale" qui fait que de nos jours, être vegan, prendre soin de sa peau et de ses cheveux, parler Yoga et bien-être, c'est le must pour être intégrée dans la communauté.  Et surtout, il faut prendre soin d'une liste interminable de réseaux. Montrer une belle image de soi. Irréprochable. Etre le mieux vêtue possible. Le mieux maquillée possible. Donner des liens marketing. Ecrire des choses brèves, surtout pas des pavés. Miser sur l'utile. En gros, pour faire court : être une sorte de MAGASINE VIVANT. Forcément, il y a de quoi se sentir tâche parmi des blogs pareils. Et on se demande alors si on est pas immature à continuer d'écrire. Sauf que... Marie Guillaumet résume à merveille le phénomène : 
''Quand avons-nous fait de la concision une excuse pour ne pas aller jusqu’au fond des choses ? Quand avons-nous décidé que nos émotions les plus brutes, nos doutes, nos expériences et nos centres d’intérêt personnels n'avaient plus leur place sur nos blogs ?''

C'est une question que je me suis posée un bon nombre de fois. Je n'ai rien vu venir. C'est arrivé, comme un éclair. Cela ne se faisait plus, point. Plus j'y réfléchis, et plus il me semble que c'est depuis l'essor Facebook, Instagram, Youtube et Snapchat. Enfin, c'est évident. C'est juste que cela s'est passé tellement vite, que ces coupables n'ont pas été perçus tout de suite. Le truc le plus étrange que j'ai remarqué dans cette transgression, c'est qu'il y a une mauvaise foi et une contradiction assez affligeante de la part d'un grand nombre d'Internautes. Les premiers à juger la blogosphère d'antan, trop intime, trop personnelle. A rétorquer "Internet n'est pas un journal Intime, il ne faut pas trop s'exposer." Mais on s'expose pourtant bien plus à l'heure actuelle. Il suffit de consulter un profil au hasard sur Instagram et savoir ce que la personne mange, fait, a fait, où elle est, qui est son copain, sa famille. On peut même savoir la tête qu'ils ont au réveil.

Au final, il n'y a pas eu de disparition totale dans le fait de donner de soi-même sur Internet. Il y a eu migration. Le support et la manière de faire ont radicalement changés. Ce qui était une tendance, est devenue une habitude. Mais à partager toutes choses de sa vie, pourquoi retranscrire ses émotions sur un blog est devenu presque tabou ? Pourquoi les commentaires à 04h du matin pour refaire le monde ont disparu ? Pourquoi la magie des mots s'est fait la malle ? C'est bien qu'il y a une quête d'approbation sociale. Qu'on le veuille ou non, on suit le mouvement.
"C’est comme si on n’arrivait pas, en tant que personnes qui  bloguent, à résister à l’influence de ce que font les autres. Nous nous disons que puisque les autres font différemment de nous, il y a sans doute une raison, et que si nous continuons (à écrire des billets énormes, à partager des choses personnelles, à nous livrer un peu), nous sommes peut-être à côté de la plaque." 

Je n'aurais su mieux dire. En quelques lignes, nous avons des réponses simples aux questions posées au dessus. Je ne suis pas forcément fière d'admettre, que malgré avoir tapé du poing en prétendant que "je m'en fous", que je continuerai à faire ce que j'ai toujours fait parce que j'adore ça et que ça me fait du bien. Je n'arrête pas d'avoir cette sensation que je n'ai sans doute pas évolué avec mon temps. Qu'il serait temps de migrer vers un autre moyen de communication. Je trouve ça un peu triste, car je suis prête à écraser mon originalité et ma dépendance pour, comme tout le monde, avoir de l'audience. Il ne faut pas se mentir, avoir la sensation de ne pas faire ce que l'on aime faire dans le vide, c'est bien plus inspirant et surtout motivant. Je serais hypocrite et surtout en pleine fausse modestie si je prétendais que je préfère cette période où j'écris pour avoir trois commentaires à celle où le temps d'une nuit, j'en avais plus d'une centaine. 

Est-ce une quête d'approbation sociale du coup ? Pas forcément. Plutôt une recherche d'accomplissement. Comme l'Artiste qui compose aime savoir qu'il touche les écoutilles des autres. Composer dans le vide lui donnera l'illusion d'un artiste raté, tandis que d'avoir des gens qui le soutiennent, l'encourageront à créer. C'est naturel. Est-ce forcément narcissique ? Je ne crois pas. Même s'il y a une part d'auto-satisfaction là-dedans.



Je vous invite à lire cet article dans son entièreté. ==> Wake Up from the illusion écrit par Marie Guillaumet. Je ne me suis pas sentie concernée par tous les paragraphes. Notamment ceux sur la mauvaise gestion du temps ou sur le partenariat. Mais j'avoue avoir déjà partagé ce dégoût certain pour les sponsos. Jusqu'à que je comprenne que ce n'était pas totalement inutile. Adorer un rouge à lèvres sur une fille et avoir le lien en dessous pour l'acheter, ce n'est pas plus mal ! Et si ça peut lui apporter de l'argent, pourquoi pas. Tout le monde est content. Bref, allez  consulter cet article. Ce sera plus simple et franchement il mérite de ne pas passer à côté. Je pense qu'il vous poussera à réfléchir sur votre propre utilisation d'Internet. Moi-même, j'ai réalisé que j'accordai peut-être trop d'importance à des futilités. Même si cela n'a pas ôté mon envie de poursuivre mon blog. Mais au contraire, à le poursuivre, tant je me suis sentie comprise.

De mon côté, et par moi-même, j'ai admis que s'impliquer dans YouTube, n'est pas si différent que s'impliquer dans la blogosphère comme on pouvait le faire auparavant. Que YouTube permet lui aussi de faire des rencontres enrichissantes, de vivre des expériences extraordinaires. Et que quelque part, contrairement aux blogs, ce réseau invite plus à la rencontre de son prochain. Plutôt que de rester dans l'idéalisation et le mystère virtuel. (Même, si à l'époque, j'organisai des rencontres collectives.) Il y a ce constant rappel "je suis un être humain avant d'être un pseudo", il y a un côté très vivant qui me plait. Je ne renie pas pour autant mon amour éternel pour les écrits à visée thérapeutique, à la confession. Je reste éperdument attachée à ce moyen d'expression et je trouve plus agréable de lire un joli texte de quelqu'un à tête reposée, parce que j'ai l'impression que la personne donne plus d'elle-même lorsqu'elle écrit. 


J'ai également découvert que beaucoup de personnes autrefois renfermées sur elles-mêmes s'épanouissent à tel point dans leur chaîne YouTube qu'elles semblent positivement métamorphosées. 

Je pense notamment à Lolita Nie en blog (photo ci-dessus) qui s'est vraiment affirmée à travers ses vidéos. J'ai toujours connu sa facette sombre puisque c'est principalement ce côté là qu'elle mettait en avant. Aujourd'hui, elle pétille et semble éclore de plus en plus. Si ses écrits sur sa page Facebook lui permettait un exutoire, je suis certaine que YouTube lui apporte bien plus. Son sourire, son comportement rayonnant traduit un véritable intérêt dans ce qu'elle fait.  J'ai remarqué ce radical changement chez beaucoup de Youtubeuses. Notamment, la très populaire EnjoyPhoenix, qui, de la jeune fille harcelée à l'école et qui a connu une véritable descente aux enfers à cause de la phobie scolaire (que j'ai vécu et je sais combien il est très difficile de s'en remettre) est devenue un brin de femme qui a trouvé sa voie sans l'aide de personne. 

YouTube apporte vraiment beaucoup de choses pour un tas de monde. Et ce n'est pas par hasard. Je regrette d'être restée si longuement campée sur mes idées négatives. Comme quoi YouTube ne sert à rien d'autre qu'à s'afficher et que la seule chose qui en vaille la peine, c'est la musique ou certains documentaires. J'ai découvert un autre aspect de cette plateforme. Qu'il n'y a pas que des humoristes qui tentent d'imiter tant bien que mal Norman ou Cyprien ou des tutos beauté. Bien que ces genres soient majoritaires, en creusant un peu, on remarque là dessous, des personnes profondément humaines. 

Il y a un réel investissement derrière chaque vidéo et chacun apporte sa pierre à l'édifice pour divertir, aider ou apprendre. S'il y a de l’Ego là dedans, il y a surtout le désir d'apporter quelque-chose d'utile à quelqu'un. Je n'avais pas conscience de tout le temps investi et de toute la passion qu'il pouvait y avoir derrière tout ça. Ils font rire, ils font pleurer, ils font réfléchir. Au final, ils tiennent autant compagnie que nos anciennes lectures bloguesques. Si ce n'est pas plus, puisqu'il y a un visage, il y a une présence. 

Sans compter que la qualité visuelle va jusquau 1080 p / 4 k ce qui apporte une dimension et une proximité d'autant plus réaliste. Je me suis déjà surprise, dans mes périodes de dépression, lorsque j'étais célibataire, à enchaîner les vidéos vlog pour me sentir moins seule ou à regarder toutes les vidéos de Natoo, Norman & Cie pour rire aux éclats et ne penser à rien. Parce que contrairement à un film, ils sont "réels", et ils s'adressent directement à nous-même. Vraiment, j'ai réalisé que le monde de la blogosphère n'était pas si différent de celui de YouTube. Que le plaisir procuré était le même, et que ce petit côté cocon / bulle, en creusant un peu, était vraiment présent dans cette communauté. 

Si certains Youtubeurs / Youtubeuses m'ont découragé à faire partie de ce monde pour un tas de raisons. (Notamment les haters, étant très fragile, l'envie d'être encore plus exposée qu'autrefois ne m'enchantai guère.) Je dois avouer que Lolita a éveillé en moi une envie irrépressible de me laisser aller à l'aventure.


Mais aussi d'assumer ma différence. Tant pis si je ne suis pas aussi belle que Sananas, à partir du moment où j'ai des choses à partager, je peux contribuer à faire quelque chose d'important sans le savoir. Faire sourire quelqu'un, l'aider, le rassurer ou même lui faire découvrir des choses intéressantes. Et bien entendu, m'épanouir, me faire plaisir, et m'ouvrir au monde. Tout n'est qu'échange, enrichissement et partage puisque nous sommes toutes uniques. Il y a forcément du bon à prendre en chacun. Preuve en est :

• Lolita m'a fait sentir moins seule dans mon hypersensibilité et m'a donné envie de donner le meilleur de moi-même !
• EnjoyPhoenix a réussi à me faire faire des choses que je n'arrivais pas avant. (Maquillage, coiffure, DIY...) 
• Natoo m'a changer les idées un soir où je pleurais ("les gens sales" qui ma valu un sacré fou rire). 
• Hector m'a enrichi sur le monde et m'a donné envie de réaliser des expériences sociales. 
• Sandrea m'a guider pour de nombreux achats typiquement féminins. 
Sissy m'a appris à faire du gainage sans me faire mal. Et j'en passe... 

C'est en réalisant tout cela, que je me suis rendu compte que je sous estimais ce réseau. Que cela pouvait même m'apporter encore plus de trucs positifs qu'à la période où je cultivais mon petit monde. Alors oui, c'est vrai, il faut savoir évoluer. C'est comme les petits vieux qui décident de se mettre à Internet alors qu'ils étaient les premiers à revendiquer que c'était de la merde. Ils finissent par réaliser que malgré tous les inconvénients, les avantages l'emportent. "Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis." ! ;-)



mercredi 25 janvier 2017

[ ♣ QUI SE CACHE DERRIÈRE CETTE TIGNASSE BLEUE ? ♣ ]

Photographie réalisée par Jean-François Ravier. Je vous invite à découvrir l'univers de Svarte Px.

Je m'appelle Sandra Von Keller. Je suis née le 13 mars 1991 dans une célèbre ville côtière qui répond au doux nom de Cherbourg.  Désormais, je vis dans une petite bourgade de la Suisse Normande avec un homme merveilleux (Justin) qui fait la cuisine, en compagnie de mes deux tortues Raymond & Huguette, ma chienne Betty et mon chat Icare. Je mène, pour ainsi dire, une vie plutôt paisible. Ce qui n'a pas toujours été le cas autrefois. Depuis l'année 2015, j'ai choisi de faire de ma passion, un métier. La photographie. A temps partiel hélas. Puisque c'est un secteur où la clientèle est très faible. Ce qui fait qu'à côté de l'artiste maudite, je suis surtout une Intérimaire blasée qui cumule les contrats d'usine.


Pour enjoliver le tableau, j'ajouterai que j'ai une merveilleuse crinière bleue qui n'est pas sans rappeler l'azurite et le topaze. :-) Une vraie gueuse colorée. J'ai un gros penchant pour les insultes Moyen-Ageuses. J'aime bien rire de tout. Surtout dans un monde comme celui-là.  Monde tragique que je fuis le plus possible, mais qu'à contrario, je rejoins fatalement, à l'aide de la littérature. J'aime me plonger dans un bouquin lorsque je prends mon bain. Et surtout le soir, dans ma chambre bien cosy. Je pars, alors, pour des contrées lointaines, telles ceux de Patrick Rothfuss ou d'Edgar Allan Poe. (Puis entre deux chapitres, je fais une pause Township ou Simpson Springfield, ce qui est beaucoup moins culturel, n'est-ce pas?) Je suis également friande de cinéma / séries (Fan incontestée de Twin Peaks & Black Mirror) 


Sans oublier la musique et les jeux-vidéos (Amoureuse éternelle de The Witcher et Bioshock). Des univers où tout comme la littérature, l'évasion est sans limites. Puisque j'évoque les échappatoires, je pense qu'il n'est pas inutile de préciser que j'écris depuis presque toujours. Je tente d'écrire un roman depuis presque toujours aussi d'ailleurs. En vain. Ce qui explique parfois mon manque de pudeur. Je suis en quelque sorte détachée de mes maux à l'aide de l'écriture. Raison pour laquelle, "L'exutoire" est présent sur ce site. Tant pis, si cela peut être perçu comme de l'exhibition virtuelle. Tout ce que je sais c'est que parler de mes petits tracas me fait du bien. Je sais que certaines personnes peuvent se retrouver à travers eux et se sentir  moins seules dans leurs ressentis qui les rongent. 


Surtout de nos jours, où le blog personnel tend à disparaître. Pour ne pas dire qu'il a déjà disparu. Où parler de ce qui ne va pas ne se fait plus, parce que ça donne une image négative de soi. Le paraître l'emporte. L'allure attire plus que les mots. Les articles longuets sont devenus chiants. Les publicités cosmétiques à but marketing sont devenus cools. Et bien sachez, que j'ai été épargnée par cette vague là. Je dois être, probablement, l'une des rares rescapées à continuer d'entretenir une sorte de thérapie publique. Attention, je n'ai rien contre les blogs lifestyle / beauté ! D'ailleurs, j'aurai bien aimé que ça existe plus tôt, ça m'aurait peut-être évité des graves fautes de goût en matière de maquillage il fût un temps... Tout ça pour dire que je fais partie des Extraterrestres de la blogosphère. OU JE SUIS HAS-BEEN ! :D


D'un point de vue plus superficiel, parce qu'il parait que les petites futilités en disent beaucoup sur quelqu'un. Je ne bois pas, je ne fume pas. Je suis végétarienne et grande consommatrice de thé. Mais ça ne m'empêche pas d'avoir une santé de merde. Je suis une acheteuse compulsive qui a la ferme conviction que mes névroses s'en trouvent apaisées en me faisant plaisir à Sephora, Nyx et les boutiques de fringues.(Sans compter le matos pour les cheveux qui coûte un bras!)


 J'ai mon petit côté girly à fouiner les tutos beauté et les profils Instagram pour inspirer ma propre apparence. Je suis une éternelle complexée à cause de toutes ces perfections féminines sur les réseaux sociaux.  Malgré le fait de savoir qu'elles sont garnies de contouring qui change littéralement le visage + filtre spécial lifting + faux-cils et autres astuces. J'ai beau prendre soin de moi du mieux que je le peux, aller en salle de musculation, m'embellir avec des astuces make-up, avoir un compagnon qui me répète un milliard de fois par jour que je suis la plus belle, cette voix, je ne l'entends guère. Je demeure une éternelle insatisfaite qui mène un combat perpétuel contre elle-même

En fait, je suis comme 50% des femmes. C'est à dire :

• Chiante
• Têtue
• Complexée
• Bavarde

• Contradictoire
• Auto-dénigrante
• Fragile
• Dépensière

• Intoxiquée par la génération virtuelle.
• Entame des régimes qu'elle ne termine jamais.
• Paie ses impôts toujours en retard.
• Maudit le RSI

• Se vernit les ongles dans le canapé devant Netflix.
• Dit qu'elle ne fait pas la tête alors qu'elle fait la tête.
• Adepte du oui mais non.
• FAIT CACA LA PORTE OUVERTE. 

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Sur-ce, je vous souhaite la bienvenue. J'espère que vous trouverez votre bonheur dans une ou plusieurs rubriques. Si vous avez des questions ou l'envie de réagir à quoi que ce soit, n'hésitez surtout pas! 
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dimanche 20 juillet 2014

• AMERICAN HORROR STORY COVEN •


"Tu ne me connais pas, mais je connais absolument tout de toi. Tes secrets... Tes rêves... Tout. Je veille sur toi depuis que tu as huit ans. Au début je te considérais comme la fille que je n'avais jamais eu. Je voulais protéger ma... petite fleur. Mais tu n'es pas une orchidée qui aurait pousser sous une serre, il n'y a rien de fragile en toi Fiona. A mesure que tu grandissais, j'ai commencé à voir les flammes qui brûlaient en ton ventre et l'acier dont été fait tes nerfs. J'ai compris que tu étais la créature la plus terrifiante qui n'ai jamais vécu. Et tandis que les autres ne voyaient en toi qu'une manipulatrice sans scrupules, moi je voyais que tu étais bien plus... Bien plus que ça. Et mes sentiments... sont devenus de plus en plus complexes. Je suis tombé amoureux. Je ne t'aimais plus comme un père. Mais comme un homme... Je n'avais pas l'impression d'être un fantôme à cette époque là, c'est plutôt comme si j'étais enfermé dans un réduit sans fenêtres pour l'éternité et ton arrivée a donné un sens à toutes mes longues journées de torture. Tout ce que je veux c'est t'apporter du plaisir. Tu l'as mérité. Mon amour.. 

Tu as déjà tellement souffert." 

lundi 14 juillet 2014

• Collaboration avec Kybah Shade •

Je ne prétends pas avoir une plume de génie. J'ai une écriture un peu niaise, fragile, et innocente. Maladroite surtout.  J'en ai pleinement conscience et je suis toujours un peu gênée lorsque je publie mes mièvreries. Mais il parait que ça fait mon charme. On sent à travers mes mots qu'une petite fille sommeille toujours en moi. Malgré tout, je sais que j'arrive à faire passer pas mal de choses à travers ceux-ci. Et je m'en rends encore plus compte lorsque je parviens à toucher un Artiste qui s'était pourtant juré de ne jamais chanter d'autres paroles que les siennes. Je vous laisse découvrir en espérant que cela vous parlera ne serait-ce qu'un petit peu.



J'ai les mains sales jusqu'au coude.
 Les mains rouges, de colère, tâchées de sang et de sentiments amers.
J'ai les mains d'artiste, tâchées d'encre noire. De peinture, d'espoir.

Les mains de pianiste, qui caressent les rectangles d’ivoire. 
J'ai les mains de l'enfance. Maculées de couleurs.

Remplies de souvenirs et de doux leurres. 
Tachées de confiture et de sirop d'érable. 
Les doigts sucrés insatiables.

J'ai les mains de l'avenir. Je peux lire entre les lignes.
Y'a tout un empire à construire. Et de quoi être digne.

J'ai les mains pleine de terre.
À l'affût d'un tombeau ou d'une boite à mystères. 

J'ai les mains d'argent. La maladresse et la fragilité d'Edward.
Et puis les mains libres de Paul Eluard. 

J'ai les mains usées. Abîmées. Recouvertes de griffures.
Marquées par le temps et les blessures.
Mais j'ai aussi les mains en béton armé. 
Des phalanges en ciment désireuses de lutter. 

J'ai les mains voraces et à l'affût
Qui s'agrippent aux poignets de mystérieux inconnus.
Qui poussent des corps, serrent et pressent 
des tailles frêles, griffent des dos corrompus.

J'ai les mains dans les poches. Qui abritent bien des secrets. 
Des histoires et des lourds chagrins pimentés de regrets.
J'ai les mains joueuses. Qui font des courbettes sur les murs. 
Qui donnent vie aux ombres chinoises et à mes sépultures. 

J'ai les mains baladeuses.
Les doigts qui se promènent sur des peaux et des paumes ravageuses.
Qui cherchent le contact d'un corps électrique. 
En quête de sensations authentiques.

J'ai les mains froides, qui tentent d'échapper à leur roideur. 
Qui aimeraient tant se faire réchauffer par de beaux maraudeurs.
Et cesser de trembler sous les draps en quête de chaleur.

J'ai les mains frémissantes lorsque la tienne m'effleure.
Mais voilà bien longtemps qu'elle a disparue.
Qu'elle ne me touche plus.

Alors disons que j'ai les mains frémissantes de ces minutes heureuses.
Elles qui s'offraient tant de nuits tumultueuses. 
Où pour mon plus grand bonheur, elles n'étaient pas encore rompues.

J'avais pourtant les mains généreuses, qui offraient sans compter.
Mais les mains maudites, qui empoisonnaient tout ce qu'elles touchaient. 
Et surtout qui brisaient tout ce qu'elles aimaient. 

Oui, moi, j'ai les mains solitaires, qui ne se demandent pas.

Elles ne se donnent pas non plus.
On ne leur prête pas serment. 
Elles sont bien trop pâles. 
Elles ne sentent pas le soleil. 
Elles sentent les tourments.
Ce sont des mains de cadavre.
Les mains du deuil et du Néant.

Ah non ces mains là, on n'en veut pas. 
Elles sont bien trop prisonnières. 
Comme crispées dans des anneaux de métal.
Ah non ces mains là, on ne les libère pas.
Elles sont bien trop vides et livides. 
Où tout s'échappe et rien ne s'agrippe. 
Qu'elles restent dans leurs tanières.
De toute façon, elles ne me prendront jamais par les tripes.

Elle a peut être les mains salvatrices qui consolent les sévices.
Et calment les vieux râles. Mais un jour. Oui un jour... 
Elle seront tâchées de fleurs brunes et de veines apparentes.
À tout jamais. Et pour toujours. Elles qui étaient si vivantes.
Elles dormiront. Entremêlées. Croisées sur un noir crucifix. 
Alors peu importe qu'elles meurent aujourd'hui ou demain.
Puisqu'elles ne sont pas de celles qu'on trouvent au petit matin.
Sandra Von Keller

lundi 20 janvier 2014

Dans l'ombre...


La blogosphère me manque de plus en plus. Je me surprends même à être un peu triste. Je repense à ce passé où je recevais des visites à quatre ou cinq chiffres par mois, des commentaires par centaines, cette impatience que j'avais de rentrer le soir pour tous les lire avec attention. Cet univers magique que je savais cultiver et cette façon qu'on avait de me rendre les étoiles que je savais apporter. Qu'est-ce que c'était agréable de se sentir douée et utile pour quelque-chose voire importante. Ce serait mentir et surtout de la fausse modestie de prétendre que je n'étais pas fière d'être si "connue" même si j'avais tous les inconvénients qui allaient avec (les immondes rumeurs, les mauvaises rencontres, les menaces de mort, les messages anonymes, le fait de ne pas passer inaperçue dans les concerts ou soirées alors que j'étais une grande timide et même dans certaines villes, le fait de savoir qu'un inconnu vous "connait" est tout de même assez désagréable) ce serait mentir de nier que j'adorais être tant admirée par des jeunes filles qui semblaient croire que j'étais inaccessible, toutes ces personnes qui étaient à l'affût de mes écrits. Je prenais du plaisir à écrire, plus que j'en prends aujourd'hui puisque je n'écrivais pas dans le vide. Je repense également à toutes ces rencontres extraordinaires, les correspondances que j'entretenais, toutes ces lettres et ces cartes remplies de gentillesse et les escapades à Paris où je ne découvrais certes pas un milieu fréquentable mais riche en souvenirs. Je vivais pleinement mes désirs, je partais en quête d'un monde qui m'attirait et qui m'a énormément déçue mais qui m'a enrichie. 

Je ne dis pas que je préférais cette époque, loin de là, je suis soulagée de la tranquillité que je mène désormais mais les liens que j'entretenais avec les autres et tous ces partages était une richesse incroyable. Cela peut paraître étrange mais ce monde virtuel était comme un refuge, là où je pouvais me détacher de toute noirceur du quotidien. Ce que les démons me jetait en pleine figure dans la réalité, les Anges me les faisaient mieux oublier. Il n'y a pas longtemps, une demoiselle m'a dit que j'avais démissionné d'Internet. J'ai trouvé le mort fort mais bel et bien véridique. J'ai fais la chasse à toute trace s'associant à mon pseudonyme, supprimer le plus possible de liens, j'ai pris la décision de m'effacer comme si je n'avais jamais existé, comme si je n'avais tisser aucune toile sur le réseau, comme si je n'étais qu'un souvenir... Je ne dirais pas que je le regrette car je me suis sentie soulagée en le faisant mais je regrette sans doute à cause de la nostalgie, d'avoir si facilement brisée en tant de morceaux ce qui autrefois était un Refuge, un Échappatoire. C'est comme si je reniais ce qui autrefois m'avait fait tant de bien. Pourquoi suis-je en train d'écrire cet aveu ? Pour la simple raison que j'espère bêtement ne pas être oubliée par toutes ces petites âmes qui ont su me marquer, qui ont su m'aider, m'accompagner dans cette période où chacun avait besoin d'attention. Parce-que je suis un peu triste de constater qu'il ne reste plus rien de tout cela, que j'ai plein de projets et qu'ils ont énormément de mal à se réaliser alors qu'en ce temps là, je pouvais si facilement en faire quelque-chose, cela ressemble à un caprice, peut-être que c'est le cas...

mercredi 7 août 2013

[ ♣ Article long et chiant. A visée thérapeutique. ♣ ]


En lisant la traduction japonaise d’Émeline concernant Fûsô no Kyôshitsu ( une nouvelle de Yamada Eimi ), cela a réveillé en moi des souvenirs de putréfaction scolaire. J'ai donc décidé comme An de conter mes déboires causés par ceux qui ont un taudis à la place du coeur... Ce qui m'a fait tilt ? Lorsque j'ai lu le passage où elle évoque cette soudaine précipitation qu'avaient ces enfants à se mettre par deux lorsqu'un prof le demandait et qu'elle était toujours la seule à ne pas pouvoir travailler en binôme tout en devant supporter la gêne ressentie non seulement par l'adulte 
mais par les camarades...


Depuis un certain temps, je cogite énormément sur les difficultés que j'ai toujours subi avec les relations sociales. Oui, j'ai bien employé le verbe "subir" car je n'ai jamais accepté la position de victime. J'ai toujours fait en sorte d'aller à l'encontre de ce problème. Ça n'a jamais vraiment bien marcher de ce côté-là. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé depuis ma tendre enfance. Il se trouve que je suis profondément sensible et sincère. Un handicap dans un monde où l'égoïsme, l'hypocrisie et le chacun pour soi règne en maître. 

Je me rassure en me disant qu'il est donc normal d'avoir tant de mal à trouver des personnes qui partagent mes valeurs. Ceux qui me connaissent bien disent que ma gentillesse et ma douceur sans limites se ressent à des kilomètres. Quelque-chose qui me distingue d'une manière positive, mais qui attire comme il se doit les mauvaises personnes et qui ressentent cet atout comme une faiblesse. En effet, je suis sans cesse jugée. La plupart des gens ne m'apprécient pas. Ils me trouvent inintéressante sans même avoir échangé un seul mot ou tenter de me connaitre. Tout se base sur mon apparence. J'ai essayé de devenir plus "méchante" ou du moins un peu plus sûre de moi. 

Dès ma reprise d'études, et sachant que le monde du lycée n'est pas l'endroit idéal pour échapper aux jugements, ne voulant pas revivre cette horrible période que fût le collège, j'ai tenté de m'affirmer. Effet réussi, mais le résultat est peu convaincant puisque tout le monde ou presque pense que je ne me prends pas pour n'importe-qui. Je suis majoritairement détestée pour cette raison alors que pour eux,  ma popularité se résume à zéro (Oui, je pensais, moi aussi que cela n'existait que dans les films, pourtant, il y a bel et bien une histoire de popularité à acquérir dans l'établissement où je me trouve et je pense qu'il n'est probablement pas le seul) Je n'ai pas un grand cercle d'amis, on me croise souvent seule. Tous ces critères et j'ose pourtant être sûre de moi ! Je perçois tout de même du positif dans ces jugements, car je manque cruellement de confiance personnelle, je transpire le malaise à l'intérieur et je suis vraiment soulagée de savoir que cela ne se voit pasJ'ai longuement cru que tous les regards rivés sur moi étaient dûs au fait que mon manque d'assurance était trop visible et que cela puait donc le ridicule. Mais non. Quoi que, j'imagine que certaines personnes parviennent malheureusement à  percevoir cette faille. Mon visage atypique leur parait trop différent de la norme, ma minceur et mon look font de moi quelqu'un de peu apprécié où tout semble s'opposer. Le fait que je n'ai pas beaucoup d'amis pour ne pas dire aucun, puisque je vadrouille de droite à gauche laisse l'image d'une fille sans doute idiote et infréquentable. Ou peut-être que l'on se dit aussi "la pauvre, elle doit se sentir seule à son âge, ici." Allons savoir. Il est vrai que je ne suis pas spécialement souriante, j'ai sans cesse l'air préoccupée et lassée du monde qui m'entoure. Peut-être qu'involontairement je dégage des ondes négatives de pure misanthrope. Après tout, je ressens un fossé assez énorme entre tous ces adolescents, non seulement pour nos années d'écart mais aussi qu'ils me donnent eux-mêmes pas envie de les aborder. Moi aussi, je juge. Mais, je ne dirais pas que là est sans doute mon erreur puisque tous mes efforts aussi maladroits qu'ils peuvent être. J'en fais et ils m'ont toujours valu du rejet. 


Petite (et bête) anecdote : Il y a quelques jours à peine, j'ai tenté une approche avec une de ces filles que l'on appelle "populaires" et qui part à l'université dés l'année prochaine. Le résultat ? Elle a trouvé mon humour, je cite, d'absolument stupide et ridicule. (Comment ça, "Pouvoir au roux" de Cartman sur une photo de classe où plus de la moitié sont roux, ce n'est pas drôle ?) S'en est suivi, une "humiliation" publique où la "Reine" du lycée rétorque alors "On s'en passera de ta vidéo... ;)" (Oui, oui, le petit clin-d'oeil mesquin bien irritant) accompagné d'un petit troupeau de moutons qui viennent liker sa sublime remarque. Je me suis alors sentie  bête, moi qui ne voulait en aucun cas me moquer mais "amuser gentiment la galerie" comme on dit.  De plus, le fait que je mentionne trouver jolie une copine à moi sur la photo de classe en question a paru incroyablement déplacé. Je me suis fait démonter comme il se doit comme si je venais de commettre quelque-chose de tabou. Bien, maintenant je sais qu'il est interdit de faire un compliment à une amie sur une photo de classe qui n'est pas la notre et je sais aussi qu'une pouf reste une pouf et que ma tentative d'approche fût aussi ridicule que de penser pouvoir parler avec une écrevisse. Ce qui m'a le plus interpellé fût lorsqu'elle m'a dit  que ce n'était pas de sa faute si tout nous oppose, que je n'étais qu'une "pauvre meuf" et qu'elle respecte uniquement les personnes qui l'intéresse et qu'elle apprécie. Le pire fût son agressivité. Je ne vais pas débattre sur tous ses propos mais je lui ai alors répondu que j'étais polie, que je ne la connaissais pas et que je ne l'avais jamais croisée dans les couloirs et qu'il était donc farfelu de me juger de cette manière. Elle a rétorqué que je ne me prenais pas pour n'importe-qui, que j'étais comme un fantôme. (une antithèse, il semblerait !)

 Et qu'elle m'avait déjà croisée, comme tout le monde de toute façon. Soulignant  le cas extrême que je semble être pour toute cette populace. Mais que pensent t-ils bon sang ? J'ai bien conscience que nous sommes tous le con de quelqu'un, qu'on ne peut pas plaire à tout le monde, qu'on a tous un collègue de travail qui ne peut pas nous voir en peinture. C'est quelque-chose de courant. Mais au-delà d'être mal vue par plus d'une moitié, croyez-moi, c'est très perturbant. La personne la plus confiante en elle, elle-même ne pourrait pas ignorer un tel phénomène. Comme on dit, il n'y a que les idiots pour ne pas se remettre en question. Alors, oui, j'avoue, cela me triture la cervelle. Je me demande sans cesse ce qu'ils ont tous à me regarder de cette manière si étrange en parlant de moi. Sans savoir si c'est de la moquerie, de la haine ou de la curiosité. Lorsque mon style vestimentaire était excentrique, je ne me posais pas toutes ces questions, car il était évident pour moi, que c'était mon look qui n'était pas au goût de tout le monde. Mais, maintenant que mon apparence figure dans la norme. Pourquoi ça ne s'arrête donc pas ? Je suis laide ? Bizarre ? Une tête à claque ? J'ai l'air conne ? Ou est-ce parce-qu'ils pensent décidément que je me surestimes ? Pourquoi lorsque je viens approcher ou aborder certains d'entre eux, on fait en sorte de nourrir le moins possible la conversation ? Des regards fuyants qui traduisent le fond de leur pensée. "Je ne veux pas te parler. Je ne veux pas te fréquenter." Comme si j'étais une honte.

 Alors, bien-sûr, je suis loin d'être rejetée par tout le monde. Je m'entends bien avec mes camarades de classe, elles sont plutôt gentilles, n'hésitent pas à discuter avec moi où à m'inviter à prendre place à leur côté. Il y a même l'une d'entre elles qui prend régulièrement de mes nouvelles et souhaite me voir pendant les vacances. Je ne suis pas si repoussée. Je ne suis pas cette personne que l'on voit toujours seule en classe et que personne n'apprécie. On a tous connu quelqu'un comme ça. Vous aussi, je pense. Et vous-même n'avez jamais éprouvé l'envie d'aller vers cette personne, souvent pour les mêmes raisons que les autres. On a tous connu ce pauvre type ou cette pauvre fille constamment seule parce-qu'elle sentait mauvais, qu'elle était pas très futée ou que sais-je d'autre encore. Je suis loin d'être semblable à cette image assez pitoyable et ce n'est pas ce que je veux laisser penser en décrivant ce que je ressens. C'est juste, qu'en général, ce que j'appellerais "la masse populaire". Et bien, cette masse me fait ressentir à plein nez combien je leur suis différente. Peut-être que je leur fais peur ? Je l'ignore. Mais, ça me perturbe beaucoup, car la plupart des personnes que j'ai souhaité connaitre m'ont toujours fait ressentir leur indifférence et leur supériorité. Il y a cette fille de mon lycée... J'ai pourtant tout pour m'entendre avec elle. Elle me disait autrefois bonjour et puis plus rien depuis le jour où je l'ai croisée dans une boutique et que ses amies souriaient d'un air moqueur, derrière son dos, en la voyant m'aborder. Depuis ça, plus rien. Elle fait semblant de ne pas me voir. Je suis devenue une honte. Qu'on t-elles bien pu lui dire ? "Ne lui parle pas. Elle craint cette fille là." ? Je ne le saurais jamais et je suis condamnée à les croiser encore une année, à supporter leur air condescendant. Après tout, cette fille ne doit pas en valoir la peine si elle se fait dicter de cette manière. 

Bien entendu, vous allez me dire que mon anecdote et l'histoire de cette nana qui m'ignore du jour au lendemain pour son image ne sont que des faits désespérants de gamines immatures qui ne se sentent plus pisser parce-qu'elles sont bien entourées, avec une belle gueule, qu'elles ne font que me juger pour une histoire de paraître. Et que je ne devrais pas m'en préoccuper à vingt-deux ans. Si je m'en préoccupe autant c'est que je vis des rejets de ce genre depuis toujours. Les rares fois où j'ose intervenir, casser l'image du fantôme comme elle le dit si bien, on me confirme que je fais bien de rester à l'écart. Si mon passé avait été autrement, je pense que je n'aurais même pas calculé ces différents. Je ne me poserai pas autant de questions futiles. Ces accumulations sont des réponses à la "phobie sociale" (le mot est un peu fort) que j'ai développé au fil des années (qui a même engendrée une phobie scolaire durant trois ans). Je fais également le lien avec toutes ces amies qui n'en sont plus. Alors, oui, c'est aussi quelque-chose de courant de perdre des amies dans sa vie. Mais, au point  de les perdre à la chaîne pour les mêmes raisons. Il y a de quoi se poser des questions. Quelles sont ces raisons ? L'image encore une fois. Je poussais vers le haut et puis tient, tout d'un coup, on décide que je pousse vers le bas et on me laisse tomber comme un vulgaire objet inutile. Ce qu'on dit à mon sujet n'est pas toujours glorieux, cela devient une corvée d'avoir l'impression qu'il faut toujours me défendre ou de me dire ce que je dois faire. Fort heureusement, pour mon égo blessé, on finit toujours par se rendre compte que j'étais quelqu'un de bien. Mais, rancunière comme je suis, je ne pardonne pas. Je ne supporte pas l'humiliation ou la sensation d'avoir été utilisée puis jetée. J'en ai assez d'être traitée de cette manière que j'en viens à un point où je me dis que le destin veut que je sois faite pour vivre en solitaire. Ou peut-être qu'il me fait comprendre que je suis toujours attirée par les mauvaises personnes, que j'ai tendance à retracer le même schéma que celui de mon passé. Celui d'avoir besoin d'être "approuvée" par les gens "populaires", qui pètent plus haut que leur cul, pour me sentir importante et valorisée peut-être ? Ce serait pitoyable, je le conçois. Mais allons savoir. Cela expliquerait bien des choses.
Pour mieux comprendre les séquelles. Et vous excuserez ma pathétique introduction. Depuis mon enfance, j'ai toujours souffert de l'isolement. Dans la cour de l'école primaire, j'étais toujours avec ma meilleure amie et personne d'autre. Nous étions toutes les deux isolées. Personne ne voulait nous fréquenter car nous ne faisions pas partie de "ces filles populaires". Nous nous intéressions peu aux garçons et nos centres d'intérêts étaient trop différents. (Un peu garçon manqué) Nous étions timides et donc peu sociables, surtout pas aussi extraverties que nos camarades. On jouait parfois avec nous au billes mais dans le seul intérêt de nous plumer. Quant aux autres jeux, le seul motif était de remplacer l'absent(e). J'étais très jeune, mais je me souviens que nous avions déjà conscience de notre différence et de notre mise à l'écart. De cela, on en souffrait mutuellement et nous en parlions souvent. On regardait parfois avec envie les jolies et longs cheveux de ces filles tant appréciées qui se déplaçaient en groupe et qui, en passant ne se gênaient pas pour faire des messes basses très désagréables sur notre tenue vestimentaire. Malgré tout ce rejet, on a tout de même eu le courage d'essayer de nous intégrer. Nous allions souvent dans les toilettes, près du radiateur en fonte où se donnaient rendez-vous ces fameuses filles. Nous pensions qu'un lieu plus étroit et calme autre qu'une grande cour d'école bruyante les pousserait à faire notre connaissance. Et ce fût le cas. Nous échangions de temps à autre en faisant semblant d'ignorer les quelques moqueries. Nous avions espoir qu'elles finiraient par nous accepter. C'est alors que je fus invitée par ces mêmes filles dont j'admirais la chevelure. Je m'en souviendrais toujours, j'étais toute excitée à l'idée d'aller chez elles. J'étais tellement fière. Mais le jour venu, j'étais la seule à m'amuser, j'entendais leur fameuses messes basses comme celles que je pouvais entendre au quotidien. J'étais mise à l'écart. 

Encore... Elles n'avaient qu'une envie. Que je parte. Elles ne m'ont plus jamais invitée ni adressé la parole. J'avais l'impression de devenir la risée de toute l'école. Je passais mon temps à me demander ce que j'avais bien pu faire ou dire pour être de si mauvaise compagnie. Je refusais de plus en plus ce rejet. Je ne voulais pas être une victime. Je ne comprenais pas pourquoi j'étais tant repoussée, je les aimais bien, qu'est-ce qui clochait ? Un peu plus tard, j'ai donc mis en place une fête d'anniversaire, ces fameuses fêtes que beaucoup d'enfants font au moins une fois dans leur vie à leur domicile dans l'intérêt d'inviter un maximum de camarades, même ceux que l'on n'aime pas forcément. J'ai été très surprise et heureuse de constater que ces deux fameuses personnes avaient, malgré tout, acceptés mon invitation. Ainsi que beaucoup d'autres filles et garçons. J'étais rassurée. Finalement, je me disais que je n'étais pas un vilain petit canard si autant de personnes étaient présentes. Tout le monde avait pris soin de m'offrir un petit quelque-chose et tout le monde s'amusait de bon coeur. La musique était appréciée. J'étais tellement heureuse. Ça y'est. Enfin, ils voyaient qui j'étais vraiment. Le lendemain, à l'école, tout le monde me souriait, me disait que la fête avait vraiment été réussie et sans ironie aucune.


 Puis petit à petit, je redevenais invisible. J'avais gagné un peu plus en respect car je ne subissais plus de moqueries mais j'étais totalement ignorée. Je n'étais décidément pas de leur monde et même si le moment avait été agréable, je ne pouvais pas faire partie des filles avec qui traîner. J'étais trop calme, trop sérieuse, pas assez cool. Quelque-chose en moi les dérangeait. Résignée, j'abandonnais tous mes efforts. Puis, à la dernière année, à l'approche de l'entrée au collège, une nouvelle était arrivée dans notre classe. Mignonne comme tout. Pourtant, tout le monde la critiquait. Compatissant pour son sort, ma meilleure amie et moi n'avons pas hésité à aller vers elle, curieuses de la connaitre davantage. Cela ne dura que quelques jours. Un clan s'était encore formé et elle en faisait désormais partie, nous laissant en plan. J'ai alors compris, que la seule personne sur qui je pouvais compter resterait ma meilleure amie. Nous étions pas de leur monde et nous avions été bien naïves de croire qu'il était possible de faire partie de leur groupe. L'entrée au collège fût alors pour nous une lueur d'espoir. Là-bas, beaucoup de nouvelles têtes qui dit plus personne pour nous juger. Nous allions dans la cour des grands, une nouvelle vie allait commencer. Ce fût, une fois de plus, une fatale illusion. Non seulement, nous étions plus dans la même classe pour se soutenir, mais en plus de cela, la plupart des gens étaient bêtes, mauvais voir cruels. A partir de cette période, je perdis toute confiance en moi. J'étais dépouillée jusqu'au bout. Jusqu'à mes bêtes espérances de gamine, d'être un jour acceptée et bien entourée. Je n'avais jamais eu conscience de ma maigreur jusqu'à être harcelée quotidiennement par cette épouvantable question "Tu es anorexique ?" . Le fameux clan de l'école primaire s'était assemblé avec d'autres filles encore plus hautaines et mesquines. Chaque jour, si j'avais le malheur de passer devant elles, j'avais le droit à une flopée d'insultes, tout cela accompagné d'une voix incroyablement méprisante. Elles ne supportaient pas mon image. Le seul fait d'être dans leur champs de vision les énervait. 

TREVOR BROWN

Je pense que c'est surtout ma maigreur qui les débectait. Elles ne voulaient pas voir ça. Un jour, alors que je portais pour la dernière fois ce jean bleu ciel, elles tentèrent de baisser mon pantalon, mais sans y parvenir, elles remontèrent alors le bas jusqu'au genou pour pouvoir faire le tour de mes chevilles avec leur mains. Elles riaient si fort et disaient que c'était "trop chelou" et  qu'il fallait que je mange car j'étais trop maigre et que c'était vraiment affreux. Tout cela, avec un air de dégoût. Et puis, il y avait ces deux garçons qui me coinçait toujours dans un coin et mettait leur mains sous mon pull pour rire de ce qui est censé être une poitrine. Je me souviens avoir beaucoup pleuré. En classe, je ne parvenais pas à m'arrêter. Je me sentais si différente, si repoussée, si humiliée et surtout si laide... Je n'en pouvais plus. Mes espoirs étaient brisés et mes années de primaire pourtant peu glorieuses venait à me manquer. J'étais pointée du doigt. Chacun de mes passages recevaient des regards moqueurs et parfois de pitié. Car la rumeur courait que j'étais malade. La maladie imaginaire qu'on m'avait créée faisait de moi une personne faible et inintéressante. Personne n'a envie de perdre son temps avec une grande maigrichonne un peu coincée. Les garçons ne m'intéressait toujours pas. Et puis en allant rendre visite à une voisine, le jour est arrivé où je tombais sur le skateur du collège, réputé pour son côté casse-cou et enjoué. Il était en train de réparer son VTT près du garage où je me rendais. Je ne sais avec quel courage j'ai osé faire ça, mais je me suis approchée avec mon vélo et je l'ai taquiné en vantant avec ironie que le mien roulait bien mieux car j'étais une reine de la mécanique contrairement à lui. S'en est suivi une discussion où chacun charriait gentiment l'autre. Le lendemain, je le croisait dans le couloir du collège, je rougis, en me décidant de ne pas le saluer à cause de ma faible réputation, j'avais bien trop peur de l’embarrasser. Il ne le fit pas non plus, mais dans mes mains, il avait déposé un petit papier plié en deux. Lorsque je l'ouvris, il était écrit "JE T'AIME !" en majuscules. Je cru à une mauvaise  blague.  

Il était pour moi impossible et inconcevable qu'un type aussi apprécié puisse m'accorder de l'intérêt. Tout ce monde m'avait bien trop humiliée et rabaissée. Pourquoi serait t-il différent ? Je fis donc comme si de rien n'était. Fis tout mon possible pour l'éviter dans les couloirs. Puis un jour, c'était ses lèvres qui étaient bien sur les miennes, dans le garage de la voisine. Depuis ce jour, il m'écrivait sans arrêt des petits mots, j'étais sa petite princesse, il m’appelait et venait tous les soirs dans ma cour, sur sa moto cross dans le seul espoir de pouvoir m'embrasser à nouveau. J'étais devenue une amie proche de son meilleur ami, qui était lui aussi tombé amoureux de moi. Ce qui me paraissait encore plus impropable de pouvoir attirer deux personnes à la fois. J'étais effectivement coincée. Les gens avaient fait de moi un monstre, je me sentais comme tel. Je ne me sentais pas digne d'être aimée et ne parvenait pas à le prendre au sérieux. A mes yeux, il n'était qu'un gamin qui voulait me faire croire qu'il était amoureux de moi pour ensuite gagner son pari avec sa bande de copains. Durant toute l'année, il me courrait après. Puis j'acceptais enfin sa tendresse, d'assister à ses matchs de foot et à aller chez lui. Tout le monde le savait maintenant. Nous étions ensembles. Mais il était hors de question que je m'affiche en public. Je me sentais comme une bête de foire et les pimbêches ne m'aidait pas à faire confiance en ce garçon. Elles me demandaient toutes en riant "C'est vrai que tu sors avec ?" et je niais. Je niais car si ce fait était aussi improbable, cela confirmait bien que tout ça n'était qu'une farce. Durant deux années encore, il restait patient et se contentait de quelques rendez-vous au parc, mais mon corps me dégoûtait au plus haut point. Je voulais qu'il me laisse tranquille. Je finis par devenir de plus en plus distante voire méchante. Le comble dans tout ça ? Il finit dans les bras de la fameuse garce qui faisait le tour de mes jambes avec ses mains ! Ne supportant plus ce spectacle, je manquais beaucoup l'école. Je n'avais que mes yeux pour pleurer et je sus que je venais de gaspiller une jolie histoire à cause de tout ce rejet que j'avais toujours subi. Tous ces monstres avaient fait de moi ce que j'étais et venaient de me voler ce qu'il y a de plus agréable à vivre. " J'étais stupéfaite par l'ingéniosité avec laquelle les humains rejetaient la faute sur les autres."


Entre temps, je m'étais colorée les cheveux et je m'habillais toujours en noir. Au moins, on ne m’appelait plus "l'anorexique" mais "la gothique" ce que je trouvais plus valorisant. J'étais peu appréciée pour d'autres raisons et davantage pour ma bizarrerie accentuée. La rumeur disait que je pratiquais la sorcellerie avec mon frère et je suis pliée en deux de savoir qu'actuellement, ces mêmes personnes le pense toujours. Sur mes bulletins se rapportaient toujours les mêmes termes : "Élève trop effacée, trop introvertie, ne participe jamais en classe, élève trop discrète..." J'ai également changé d'établissement et j'étais soulagée et impatiente d'effectuer ma troisième loin de cet Enfer et de tout ce passé qui me sautait sans arrêt au visage, ces camarades d'enfances, ces moqueries, lui, et cette meilleure amie qui m'avait finalement abandonnée pour un clan, elle aussi... Je n'en reviens toujours pas, elle qui avait vécu les mêmes choses à mes côtés, j'ai vraiment trouvé ça lâche qu'elle finisse par me laisser tomber. Et quelque-part, je l'ai comprise. Enfin, elle pouvait connaitre d'autres personnes, elle pouvait faire partie d'un groupe et se sentir importante, c'était trop tentant. Arrivée dans le nouvel établissement, quelle ne fût pas ma stupeur... J'étais entourée de la pire espèce. Tout le monde se tapait, crachait dessus, ça se bousculait de partout et le premier jour de la rentrée, je m'en souviendrais toujours, toute l'école sans exception avait le regard rivé dans ma direction. Je pouvais apercevoir le visage inquiet de ma mère, dans la voiture et le portail qui se fermait petit à petit. Son regard qui voulait dire "Ma pauvre petite fille..." comme si elle se sentait coupable de me laisser "là-dedans". Je n'ai même pas fais la moitié de l'année. Durant deux à trois ans, je suis restée cloîtrée chez moi à étudier par correspondance car il était impossible pour moi de remettre les pieds dans un encadrement scolaire. J'ai tout de même tenté de franchir les portes du lycée mais sans succès. C'est là, que j'ai su que je souffrais de ce que l'on appelle "phobie scolaire", je n'ai pas eu besoin d'aller voir un psy pour comprendre que tout cela venait de mon vécu. J'étais traumatisée. Je n'étais pas prête à revivre de telles choses. J'étais bien trop fragilisée. Et aujourd'hui, je trouve ça assez épouvantable de me dire que de simples enfants peuvent causer autant de dégâts irréversibles. Cela fait trois ans que j'ai surmonté ma peur et même si ce n'est toujours pas une partie de plaisir à l'idée de me rendre à l'école, j'y parviens et la tête plutôt haute fixée sur mes objectifs.

Face à toute cette souffrance de jeunesse, paradoxalement, j'en ai aussi retiré de la force. Ma timidité qui a toujours été assez forte a presque disparue. Sans doute dû au ras le bol accumulé et toutes ces personnes qui m'ont écrasés ont au moins eu le mérite de forger mon caractère. J'ai pu développer une carapace bénéfique. D'avoir vaincu ma phobie, mon cerveau a voulu m'intégrer le "plus jamais ça" . Je suis moins persécutée, mais les remarques, je les entends toujours et les regards sont toujours aussi peu discrets. En prime, il y a de nombreuses rumeurs.  Autant, je suis exaspérée et prête à péter un plomb, autant je suis tellement habituée que je n'y prête plus attention. Surtout depuis que j'ai constaté que même dans la peau d'une fille d'apparence normale, je suis tout de même critiquée et ignorée. (je parle de mon insertion à Nice), j'avais les cheveux noisette, habillée comme n'importe-qui et je subissais là aussi un isolement assez conséquent. A 22 ans, c'est quand même dingue de se dire qu'on ne parvient même pas à être respectés par des gamines. La plupart me prennent de haut et se sentent supérieures. Je ne sais pas comment réagir. Qu'est-ce que je peux bien faire à part faire ce qui est en mon devoir: travailler. Si j'ai repris mes études, c'est pour construire du mieux que je peux mon avenir. Pas pour faire la paix avec les relations sociales. Mais, j'aurai aimé que les choses soient différentes. J'aurai aimé oublié mon passé, celui de ne jamais être acceptée. Celui d'être sans cesse à l'écart. Me sentir constamment différente et seule. Je suis pourtant devenue une personne accomplie, j'ai énormément évoluée. Alors, certes, je me suis fais des copines mais cela s'arrête à "la fidèle voisine du bus avec qui papoter et rire" mais une fois le lycée franchi, ce sont ses amis avec qui elle va se réfugier. Il y a aussi celle qui partage mes goûts et mes excentricités mais ce ne sont que des instants fugaces, ici et là, de temps à autre. 


Je n'ai pas d'amies à proprement parler. Rien d'étonnant, de toute manière, avec un décalage aussi important, ce n'est pas facile de nouer des liens, la maturité n'est vraiment pas la même. Mais, j'aimerais bien être dans un groupe de filles, ne jamais être seule, avoir comme les autres, des habitudes... Dès lors que je franchis ces portes, je retrouve l'adolescente mal dans sa peau et qui a peur des autres. J'ai l'impression que c'est encré. Je ne suis pas de leur monde et j'ai beau faire tout mon possible pour m'intégrer, je me heurte sans cesse à un mur. Alors, bien sûr, je ne dis pas que je suis la risée de tout le lycée et que je suis complètement timorée, si je m'installe à une table au self, j'essaie de discuter avec ceux qui s'y trouvent, inconnues ou pas, on discute mais ça s'arrête là, je suis toujours celle de passage. J'ai quelques connaissances qui me proposent régulièrement de manger avec eux. Ma classe est plutôt sympathique et j'aurais même tendance à dire que c'est la meilleure que j'ai pu avoir, mais je ne suis pas dupe, je sais bien que plus de la moitié me casse du sucre sur le dos et je ne leur en veux même pas, car ils sont jeunes. C'est comme ça. C'est une autre mentalité. Plus tard, ils changeront. Ce dont je souffre, finalement, c'est de ce fossé. Ce fossé qui fait que je vis en décalage par rapport aux autres. Je ne suis pas avec des gens de mon âge, il est donc difficile de m'intégrer comme n'importe quelle autre personne. Tellement habituée à revivre le même scénario, je n'ose même pas avoir cette même lueur d'espoir que j'avais pour le collège dés lors que je vais enfin entrer à l'université. Puisque si ça se trouve, là encore, rien ne changera. Je ne suis pas une mauvaise personne vous savez. Je suis très gentille (mais pas trop au point d'être naïve et soûlante) , je suis quelqu'un de simple, j'aime écouter les autres, j'ai un bon sens de l'humour, c'est vrai que j'ai du mal à aller vers les autres car je suis traumatisée par le rejet que j'ai subi depuis mon enfance. Je ne suis pas un cas social. On a toujours dis de moi que j'étais très posée mais je ne sais pas... Je dois sans doute dégager quelque-chose qui déplaît. 

Parler de tout ça me fait réaliser que j'ai vraiment eu de la chance d'avoir des parents très aimants. Je me demande comment les choses se seraient déroulées si, non seulement, ma situation familiale aurait été tout autant chaotique que ma vie sociale. Parler de tout ça me fait réaliser autre chose. Peut-être que je n'aspire pas plus que ça à des relations sociales équilibrées. Peut-être que ça m'arrange de ne pas devoir me sentir obligée d'assister à telle fête ou de voir telle personne. Je ne fume pas. Je ne bois pas. Voilà deux aspects de ma personnalité qui ennuie lorsque de nos jours, tout se résume presque aux beuveries. Ma solitude, au final, je l'ai adoptée et elle me plait. J'aime lire et écrire en écoutant de la musique, regarder des tas de films et séries. Passer mon temps sur internet ou photographier. Cette vie qui parait morne me convient. Car, j'aime la tranquillité. J'aime mon cocon. Je suis plutôt casanière. De vivre dans un monde égocentrique me rend égocentrique. A y regarder de plus près, je veux simplement me sentir comme les autres. Me sentir normale et aimée. Mais, je ne suis pas normale pour les autres et je ne le serais jamais. Et puis, on ne peut pas plaire à tout le monde. Après tout, toutes ces personnes me déteste ? Et alors ? Ils passent à côté d'une personne authentique. Apparemment mon physique et mon allure déplaît tout autant que ce que je semble être. Quelle importance ? Tant de monde qui jugent, il est vrai que c'est étrange et que j'en viens à me poser des questions. Mais, je n'ai pas à le faire puisqu'ils ne prennent même pas la peine de gratter ce qui se cache sous leur préjugés. Je sais, moi-même que j'ai quelque-chose dans la tête. Je suis loin d'être superficielle. Et je ne pense pas être laide. Il est clair que je ne rentre pas dans les codes de beauté actuel mais je n'ai pas un visage désagréable. Pour le reste, malheureusement, je n'ai pas choisi d'être ectomorphe. Je suis comme je suis. C'est parfois difficile de l'accepter car j'aimerais tellement être autrement et davantage lorsqu'on me renvoi en plein visage mes propres complexes. Mais ainsi est le monde.  

Avant d'écrire cet article, je n'avais pas réellement conscience de l'ampleur des dégâts. Je pensais m'être débarrassée de mes vieux réflexes. Mais, finalement, je suis toujours en train de combattre mes démons. Mon adolescence a laissée des traces qui me frustrent au quotidien. Plus que je ne l'avais imaginé. Je tente tant bien que mal de me libérer de mon identité d'autrefois mais d'avoir repris mes études ne fait que me baigner davantage dans cette atmosphère. Je n'arrive pas à me sentir adulte à force de côtoyer des adolescents. Je me sens toujours visée lorsque des gens rigolent à cause de cette gêne familière. Je lutte souvent mentalement contre cette petite voix dans ma tête qui me dit que je suis faible alors que je sais constamment que ces sentiments n'ont plus lieu d'être aujourd'hui. En me rappelant ces souvenirs difficiles, je positive en me disant que j'ai été forte. Je m'en suis sortie. Il parait que nous sommes tous des grands enfants, que malgré notre évolution dans la vie, nous conserveront toujours une part de ce que nous avons été. Cette part d'insécurité. D'intimidation. Ainsi, je conserverai toujours au fond de moi, cette fille craintive et timide sous une apparence de détermination et d'assurance... De plus, je comprends mieux pourquoi j'accorde autant d'intérêt et d'affection pour les personnages persécutés. Déjà petite, je me retrouvais un petit peu dans Carrie au bal du diable. Aujourd'hui, je pense plutôt aux justiciers dans The Final, à Evan Peters dans la première saison d'American Horror Story et même dans le clip et les paroles de "College Boy" d'Indochine... "